L'attestation de propriété immobilière, acte déclaratif, ne permet pas d'invoquer la prescription par « juste titre »

lundi 04 août 2008
Procédure civile
Prescription
Successions
Après que la de cujus ait, par testament olographe, légué la totalité de ses biens en nue-propriété à des tiers, et en usufruit à son époux, ce dernier a, par testament authentique, institué sa nièce légataire universelle.

Après le décès du conjoint de la de cujus, des parcelles de terre dépendant de la succession ont été attribuées, par erreur, en pleine propriété à cette légataire universelle. À la mort de celle-ci, les biens litigieux se sont trouvés appartenir à sa fille.

Les tiers initialement institués légataires de la nue-propriété des biens litigieux ont alors assigné cette dernière en revendication de propriété.

La cour d'appel (CA Aix-en-Provence, 3 avr. 2006) a cru pouvoir rejeter cette demande et constater la prescription acquisitive, en retenant que l'acte notarié ayant attribué à tort la pleine propriété des parcelles à l'époux de la de cujus constituait un « juste titre » au sens de l'article 2265 du code civil.

La Cour de cassation censure cette décision et rappelle que le juste titre est celui qui, considéré en soi, serait de nature à transférer la propriété à la partie qui invoque la prescription, alors qu'un « acte de succession notarié » (une attestation de propriété immobilière, ndlr) n'a qu'un caractère déclaratif (violation par la cour d'appel de l'article 2265 du Code civil).


Sources :

Cass. 3e civ., 25 juin 2008 : JurisData n° 2008-044534