L'utilisation du droit de préemption est exclusive de toute discrimination

lundi 08 décembre 2008

Le délit de discrimination prévu à l’article 432‑7 du code pénal suppose, dans le premier cas visé par cet article, le refus du bénéfice d’un droit accordé par la loi. Encourt dès lors la cassation l’arrêt d’une cour d’appel qui, pour dire coupable du délit défini par l’article 432‑7 1o du code pénal le maire d’une commune auquel il était reproché d’avoir fait obstacle à la vente d’un bien immobilier situé dans ladite commune en exerçant de façon abusive le droit de préemption lui ayant été délégué, retient que le prévenu, en raison de la consonance du nom des acheteurs laissant supposer leur origine étrangère ou leur appartenance à l’islam, leur a refusé le droit d’acquérir la propriété d’un immeuble et de fixer librement le lieu de leur résidence.

En effet, la loi pénale étant d’interprétation stricte, l’exercice du droit de préemption délégué au maire d’une commune en application de l’article L. 2122‑22 du code général des collectivités territoriales ne saurait, même s’il est abusif, constituer le refus du bénéfice d’un droit accordé par la loi au sens dudit article 432‑7.

Crim. ‑ 17 juin 2008.

CASSAT ION