Charles ROMINGER, Avocat à la Cour
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Accroissement de la responsabilité pénale pour faute simplejeudi 05 mars 2009Le médecin, dont l'interne a commis une erreur médicale à l'origine du décès d'un patient, est dans un rapport direct de causalité avec le dommage.Sa responsabilité pour homicide involontaire peut être retenue en cas de faute simple.
Dans cette espèce, l'interne d'un gynécologue avait effectué, sous la surveillance de ce dernier une coelioscopie. Durant l'intervention, elle incisait trop profondément l'aorte et provoquait une hémorragie entraînant la mort de la patiente. L'interne était poursuivie du chef d'homicide involontaire pour avoir directement causé la mort de la patiente et le gynécologue pour l'avoir indirectement causé en commettant une faute caractérisée. Le tribunal correctionnel prononça la relaxe de l'interne et condamna le gynécologue, qui interjeta appel de cette décision. La cour d'appel infirma le jugement et relaxa le médecin. Les parties civiles formèrent alors un pourvoi en cassation, afin de voir reconnaître la culpabilité du médecin. Ainsi, la Cour de cassation reproche à la cour d'appel d'avoir retenu l'existence d'une causalité indirecte alors même que la surveillance insuffisante du prévenu à l'égard de son interne est dans un rapport de causalité direct avec le décès de la patiente. Ce faisant, la Cour de cassation opère une appréciation large du lien de causalité. Celui qui n'est pas l'auteur matériel du geste à l'origine du décès, peut tout de même être pris dans les liens d'une causalité directe. L'échec dans sa mission de surveillance de l'interne fait du prévenu un auteur direct du décès et, partant, il peut être condamné pour homicide involontaire. Cet élargissement de la notion de causalité directe semble aller à l'encontre de la volonté du législateur de la loi du 10 juillet 2000, qui souhaitait, au contraire, une causalité directe resserrée au seul auteur matériel du geste homicide. La chambre criminelle retient donc au titre des auteurs en causalité directe, ceux dont le comportement a été un paramètre déterminant dans la survenance du dommage. L'absence de contrôle des gestes de l'interne par le médecin paraît être, pour la Cour de cassation, un paramètre déterminant dans la création de la plaie à la patiente et donc de son décès. Une cassation qui ne sera sans doute pas du goût d'un certain nombre de professionnels, et qui accroît encore, si cela était possible, la pénalisation à outrance de notre société. | ||||||||